Des jeunes, acteurs de leur avenir

Les nouvelles technologies au service de la continuité pédagogique

Depuis le 16 mars dernier, l’ensemble des collaborateurs de l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi a fait preuve de créativité pour préserver et assurer la continuité de l’offre de service du dispositif.

À l’annonce des fermetures des centres, liées à l’épidémie de COVID-19, volontaires et cadres ont été invités à rester chez eux durant cette longue période. Ces deux mois ont permis au centre EPIDE de Toulouse (31) d’initier de nouvelles méthodes de travail et d’accompagnement des volontaires vers l’insertion professionnelle.

L’EPIDE à la maison

#Resterchezsoi. Un mantra que volontaires et agents de l’EPIDE ont bien assimilé, mais pas au détriment de la continuité pédagogique. Pour preuve, Coralie Faguet, conseillère insertion professionnelle au centre EPIDE de Toulouse, a organisé un parcours insertion à distance pour les volontaires en exploitant les outils numériques. Grâce aux outils collaboratifs, les semaines de travail ont été programmées incluant des séances de parcours citoyen EPIDE, d’enseignement général, mais aussi d’insertion professionnelle.

« Les séances via TEAMS ont été planifiées à la semaine avec des invitations envoyées pour chaque séance pour un créneau de 1h. »

Les volontaires ont également testé les PADLET, murs interactifs, qui permettent de travailler à plusieurs sur un même support et de partager les contributions de chacun en temps réel. Pour chaque thématique travaillée, un mur était dédié : un support idéal pour travailler en autonomie tout en soumettant des idées. Un tableau intitulé « Mes états d’âme » a vu le jour, agissant comme un fil rouge durant la période de confinement et permettant à chacun de partager ses humeurs, ses envies, ses pensées et de se soutenir mutuellement. Pour ceux qui ne disposaient pas de matériels adaptés à cette nouvelle forme d’apprentissage, l’équipe encadrante a instauré un système d’appel téléphonique en haut-parleur afin que tous participent aux séances.

Le téléapprentissage vers l’autonomie numérique

Accessibles tant sur ordinateurs que sur mobiles, les outils choisis présentent une belle opportunité pour la recherche d’emploi. Ainsi l'entretien d'embauche et les tests d’entrée en formation en visioconférence ont permis de travailler sur la prise de parole. De même, les visites virtuelles de centre de formation, la prise de notes en suivant un cours en ligne ou l’utilisation des tchats durant une conférence, sont autant de pratiques qui permettent de s’approprier les technologies numériques.  « Malgré des débuts un peu laborieux, les volontaires se sont relativement vite et bien habitués à ces outils et leurs utilisations au fur et à mesure des séances », résume Coralie Faguet.

« J’ai reçu des exercices et un lien internet pour travailler le concours de gendarme adjoint volontaire (GAV). J’ai pu travailler et me préparer aux tests psychotechniques. Les agents ont aussi pris le temps de prendre de mes nouvelles par téléphone, mail et vidéo. »
Baptiste, volontaire au centre EPIDE de Toulouse.

L’approche personnalisée telle qu’elle est mise en pratique à l’EPIDE s’est poursuivie sous une autre forme. Lucie Dorignac, formatrice d’enseignement général, s’est assurée que tous les volontaires bénéficient d'exercices spécifiques. Certains ont travaillé le développement de compétences en français et en mathématiques, d'autres ont poursuivi la préparation aux concours (tests psychotechniques, photo langage, culture générale, etc.). En complément de l’envoi par mail de supports pédagogiques personnalisés, l’utilisation des outils TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement) comme, par exemple la plateforme d’exercices en ligne IGERIP, a largement contribué à la poursuite des parcours.

« Le travail, donné par ma formatrice d’enseignement général sur la plateforme IGERIP, m’a aidé à travailler les verbes et les pronoms pour le diplôme que je vais préparer à mon retour à l'EPIDE. »
Steevy, volontaire au centre EPIDE de Toulouse.

Le suivi régulier des volontaires par les agents, avec tous les moyens de communication disponibles, permet à Lucie Dorignac de constater que « ces nouvelles contraintes responsabilisent et favorisent l'autonomie des volontaires. Au-delà de l'aspect pédagogique et éducatif, ces nouvelles modalités d'accompagnement semblent favoriser le bien-être des jeunes puisqu'elles permettent à ces derniers de rythmer leurs journées, d’échanger avec l’équipe pédagogique, et aussi entre eux. »

Les volontaires comme les cadres sont impatients de revenir au centre. Le confinement aura été l’occasion de communiquer, d’échanger différemment. Il a permis de prendre conscience que l’enjeu du numérique est aujourd’hui prépondérant dans le monde du travail, et aussi et surtout, qu’il est important de prendre soin de soi et des autres : « se connecter » prend, alors, tout son sens.