Ambassadeur 2018 de l’EPIDE, Angel est désormais un ancien volontaire du centre EPIDE de Bordeaux. Né en France, le jeune homme a pourtant vécu presque toute sa vie au Kenya.
Un père français, une mère kenyane. A 20 ans, Angel a déjà un parcours bien particulier. Né en France, il quitte son pays natal à seulement trois ans pour rejoindre le Kenya. Malgré une scolarité classique, en 2015, il arrête l’école. « Mon père ne voulait pas que je ne fasse plus rien. Il ne voulait pas me voir traîner dehors. Il m’a proposé de venir travailler avec lui dans sa boucherie. »
Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu. « Il m’a proposé de découvrir son métier. Mais cela ne m’a pas plu tout de suite. » En cause, un rythme et des horaires difficiles, mais aussi une relation tendue avec son père. « Travailler en famille, avec mon père, c’était compliqué. Et puis je n’étais pas rémunéré pour ce que je faisais » regrette-t-il.
Pour rebondir, Angel réalise des petits boulots, comme nettoyer des voitures, mais rien de vraiment sérieux. Il décide de se réorienter vers le commerce, mais ne parvient pas à trouver un emploi. « Mon père m’a pris un billet d’avion et m’a dit d’aller en France. D’après lui, j’avais plus de chance de trouver un emploi là-bas. » Un véritable changement de vie pour Angel.
15 ans après, de retour en France, à Bordeaux
Hébergé chez son frère, non loin de Bordeaux, Angel tente désespérément de décrocher un emploi. « J’ai essayé de trouver un job dans le commerce, mais sans succès. Je pensais pourtant que cela serait plus rapide de trouver un travail ». C’est une grande déception pour le jeune homme.
Une vraie barrière lui fait obstacle, celle de la langue. « Mon père était très peu présent quand j’étais enfant. Il ne m’a jamais parlé en français » note-t-il. A l’inverse, Angel parle parfaitement anglais. Pour s’en sortir et s’améliorer sur ce point, le jeune homme suit pendant quatre mois des cours de français.
La solution vient pourtant, au bout de quelques mois, de sa nièce. « Elle m’a parlé de l’EPIDE. Elle y avait déjà suivi un parcours avant, et cela l’avait beaucoup aidée. Quand elle m’a présenté le dispositif, j’ai su que cela pourrait aussi m’aider tout de suite. J’avais beaucoup de mal à trouver quelque chose à faire ». En janvier 2018, Angel intègre ainsi le centre EPIDE de Bordeaux. Il y restera, au total, un peu moins de 9 mois.
« Je voulais trouver un travail en venant à l’EPIDE »
En intégrant ce dispositif, c’est l’occasion pour Angel d’effacer son principal défaut vis-à-vis des employeurs, la langue. En seulement quelques mois, le jeune homme progresse énormément. « C’était une véritable barrière pour trouver un emploi. Grâce à l’EPIDE j’ai vraiment bien appris ma langue natale. La vie en internat, parler avec les autres volontaires tous les jours et surtout les ateliers de formation à l’EPIDE m’ont beaucoup aidé. »
Malgré cela, son niveau reste limité lors de son arrivée à l’EPIDE et lui pose des problèmes pour son insertion professionnelle. Angel qui a décidé de poursuivre ses recherches d’emploi dans la vente, fait face aux refus des entreprises.
« L’EPIDE c’était très bien. C’est devenu une famille. » Angel, ancien volontaire du centre EPIDE de Bordeaux.
Après réflexion, il choisit de tenter à nouveau l’expérience du métier de boucher. Accompagné par un moniteur et son chargé d’insertion professionnelle, il réalise son CV et recherche une entreprise. Un choix gagnant puisqu’il débute rapidement un stage d’une durée d’un mois en juin 2018. Une expérience concluante qui lui fait redécouvrir et aimer ce métier, loin du Kenya cette fois.
« J’étais très motivé et je me suis donné à fond pour ce stage. Mon patron m’a dit que j’étais top. Cela m’a fait très plaisir » explique-t-il, très fier. Son employeur, très satisfait de son travail, lui propose même un CDD pendant la période estivale, avant de l’embaucher pour son alternance au sein du CFA de Bordeaux qui débute à la mi-septembre. Prochaine étape pour Angel, se trouver un nouveau logement pour enfin débuter sa nouvelle vie.
Des jeunes, acteurs de leur avenir

