Après des difficultés rencontrées à Mayotte puis à La Réunion, Soirfane découvre la métropole et l’EPIDE, dans l’Essonne. Le jeune homme y poursuit son rêve de devenir militaire. Un rêve qui va pourtant s’effondrer au cours de son parcours.
Soirfane, ancien volontaire du centre EPIDE de Brétigny-sur-Orge, dans son bureau
Comme beaucoup de jeunes nés à Mayotte, Soirfane a connu de nombreuses difficultés liées à la situation économique et sociale du 101ème département français, le plus pauvre de France et extrêmement touché par le chômage. « J’ai arrêté l’école en 2010. Je voulais faire des formations en informatique, mais c’était trop cher et je n’en avais pas les moyens », explique Soirfane.
Le jeune homme, d’aujourd’hui 29 ans, quitte alors le système scolaire pour travailler. Face au chômage très important sur l’île, il part à La Réunion et enchaîne les petits boulots. « J’ai principalement fait du travail non déclaré jusqu’en 2014. Je ne trouvais rien d’autre » explique-t-il.
Soirfane décide alors de s’envoler directement vers la métropole. « Je suis arrivé à Paris en 2014 sans mes parents ni ma famille » se souvient-il. Il est alors accompagné par la mission locale d’Antony (92) où il suit une formation en recherche d’emploi. C’est à cette occasion qu’il découvre l’EPIDE. A 25 ans, Soirfane intègre le centre de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, pour un parcours long de plus de 16 mois.
Très timide, Soirfane a du mal à communiquer et à s’intégrer lors de son arrivée. Une difficulté qu’il va cependant réussir à surmonter. « La vie à l’EPIDE et en collectivité me manque désormais beaucoup » regrette-t-il.
Du rêve à la désillusion
Lors de son entrée à l’EPIDE, comme tous les volontaires, Soirfane définit et choisit son projet professionnel. « Mon rêve était d’intégrer l’Armée de terre. Je me suis vraiment bien préparé pour passer les tests ». Grâce à la préparation physique qu’il suit au centre de Brétigny, il les réussit aisément. Toutefois, son rêve s’effondre, après la visite médicale avec le CIRFA (Centre d'Information et de recrutement des Forces Armées). « J’ai été refusé à cause de problèmes d’audition » explique-t-il, amer. Cette inaptitude définitive à l’engagement remet en cause tout son projet professionnel. « Après le refus de l’armée, j’étais déçu et perdu. Il a fallu que je rebondisse ».
Rebondir avec l’EPIDE
« Un agent de ma section m’a parlé du métier d’opération numérique colleur. Un poste que je ne connaissais pas du tout. Il m’a présenté le responsable d’une société qui avait un poste à pourvoir dans son équipe » se souvient Soirfane. Un métier pour lequel de bonnes compétences en informatique sont nécessaires. Or, l’informatique est un secteur qui l’attire depuis la fin de son parcours scolaire.
Soirfane passe un premier entretien, peu concluant toutefois. « A cause de ma timidité, je n’ai pas été très convaincant ». Sa candidature est appuyée par son centre EPIDE. La société décide de le prendre en stage pour un mois. Une expérience cette fois concluante ! L’entreprise, Art Event, à Brétigny-sur-Orge, lui propose un CDD de trois mois pour valider ce stage. Quelques semaines plus tard, Soirfane se voyait proposer un CDI.
« Je suis aujourd’hui opérateur numérique colleur toujours au sein de cette même société qui fait de l’impression numérique sur différents supports. Je suis chargé, via mon ordinateur, d’imprimer sur de très grandes imprimantes les commandes de nos clients et de m’assurer de la qualité de l’impression et du respect de la charte graphique ». Une mission qui intéresse toujours autant le jeune homme. « La découpe à la forme des matières à un côté artistique qui me plaît beaucoup. J’ai mon propre bureau et ma propre machine dans l’atelier » détaille-t-il.
« Grâce à ce parcours, j’ai réussi à trouver un emploi. L’EPIDE m’a aussi permis de passer mon code de la route, m’a accompagné pour obtenir le RSA et une place en foyer jeune travailleur. Maintenant, j’ai mon propre appartement via le 1% logement. Mes parents sont aussi venus en métropole depuis que je travaille et je peux les accueillir de temps en temps » se félicite l’ancien volontaire de l’EPIDE.
Des jeunes, acteurs de leur avenir
