Des jeunes, acteurs de leur avenir

« L’EPIDE c’est le début de notre histoire »

Margaux et Benoît sont en couple depuis bientôt 6 ans. Deux jeunes qui se sont rencontrés au centre EPIDE de Combrée, en 2012, et qui ont aujourd’hui une petite fille. Retour sur leurs parcours.

« Notre fille fête son premier anniversaire la semaine prochaine ! Et nous devons nous pacser prochainement ! » Que des bonnes nouvelles pour Margaux et Benoît. Pourtant, tout n’avait pas si bien commencé pour ces deux jeunes, d’aujourd’hui 24 et 25 ans, et anciens volontaires du centre EPIDE de Combrée.

Près de six ans après la fin de leurs parcours ils réalisent tous les deux le chemin parcouru. « J’ai arrêté l’école à 17 ans, en première, en Bac pro secrétariat. Ça ne me plaisait plus du tout. J’en avais marre » se souvient Margaux. Comme un volontaire sur trois (enquête 2016 sur le profil des volontaires de l’EPIDE), la jeune femme a subi une mauvaise orientation avec, à la clé, un échec scolaire.

Six mois après, à tout juste 18 ans, la jeune femme intégrait le centre EPIDE de Combrée. « Je manquais de cadre familial. Quand j’ai annoncé que j’arrêtais l’école, à 17 ans, mes parents s’en fichaient un peu. L’EPIDE m’a beaucoup aidée sur ce point » se confie Margaux.

Benoît, lui, arrête l’école avec un CAP vente en poche. « J’avais des difficultés à trouver un emploi à Châteaubriant. Je n’avais pas le permis et n’étais pas mobile. » Un véritable frein pour trouver un emploi dans la région. Le jeune homme enchaîne les petits boulots d’intérim pendant deux ans avant de trouver un emploi en CDI. « J’étais très mal payé et ce que je faisais ne me plaisait pas du tout ».

En rupture familiale, Benoît n’est pas soutenu. « J’étais complètement livré à moi-même. Mon père vivait en Savoie, et j’avais des soucis familiaux avec ma mère. Du coup, je vivais chez deux trois copains par ci par là. » Un manque d’encadrement qui impacte également son hygiène de vie à l’époque : « Je buvais beaucoup, je fumais aussi. Je faisais beaucoup la fête » regrette-t-il.

« L’EPIDE m’a vraiment sorti de la galère », Benoît, ancien volontaire du centre EPIDE de Combrée.

Deux amis, déjà à l’EPIDE, lui parlent du dispositif. Le cadre d’inspiration militaire attire Benoît, qui rejoint le dispositif en juillet 2012, dans la même promotion que Margaux. « J’avais le projet de rentrer dans l’armée, mais je n’avais pas le niveau physique suffisant. » Lorsqu’il intègre l’EPIDE, Benoît ne fait que 53 kilos. « Au bout de trois mois et demi, je faisais deux fois du sport par jour. Grâce à ce programme intensif, j’ai pris cinq kilos de masse musculaire en 9 mois. » Une discipline et une meilleure hygiène de vie qui paient, puisque le jeune réussit haut la main les tests d’entrée dans l’armée. « Je n’aurais pas pu être pris à l’armée sans cette volonté, sans être poussé à faire du sport. »

« Avant, je n’avais pas d’encadrement. Suivre des règles et être responsabilisé, cela m’a beaucoup apporté dans la vie » se félicite l’ancien volontaire, aujourd’hui Caporal-chef au 13e régiment du Génie. « L’EPIDE a été un véritable tremplin. Etre tout le temps boosté, accompagné. C’était quelque chose de nouveau. J’ai passé neuf très bons mois à l’EPIDE, avec un esprit de cohésion très fort, même plus fort que ce que je connais  à l’armée aujourd’hui. » Une fin de parcours très positive, puisque Margaux et Benoît se mettent alors en couple.

« Si on est ici, c’est grâce aux cadres de l’EPIDE. C’est une famille. C’est le début de notre histoire, de beaucoup de choses. » Margaux, ancienne volontaire au centre EPIDE de Combrée.

Pour Margaux, le parcours à l’EPIDE est toutefois un peu plus long. « J’avais pour projet de devenir gendarme. J’étais à fond dans ce projet, mais il n’a pas abouti » regrette-t-elle. Une véritable déception pour la jeune maman. « Je n’avais pas de deuxième idée, je ne savais pas quoi faire d’autre. » Une situation compliquée à l’époque, mais dont elle se sort, accompagnée par ses cadres. Après 13 mois à l’EPIDE, Margaux trouve enfin un emploi, comme vendeuse chez E. Leclerc.

Margaux quitte toutefois rapidement son emploi. « Benoît a été muté dans le Doubs. Je l’ai suivi là-bas » explique-t-elle. « J’ai trouvé un emploi dans le secteur de l’aide à la personne à domicile en intérim. Mais cela ne m’intéressait pas vraiment. » Margaux retrouve finalement un poste en grande surface, chez Lidl cette fois. « J’ai été hôtesse de caisse pendant un an, puis ensuite cheffe de caisse. » Une expérience de trois années pour la jeune femme qui tombe alors enceinte et quitte son emploi pour s’occuper pleinement de sa fille. « Je vais prochainement rechercher à nouveau un emploi, explique-t-elle, dans la vente toujours ».

« A l’EPIDE, on avait tous des histoires similaires. On ne jugeait pas sur les apparences » Benoît, ancien volontaire du centre EPIDE de Combrée.

Benoît, lui, souhaite continuer à travailler dans l’Armée de terre pendant encore au moins cinq ans. « J’aimerais ensuite changer d’orientation pour exercer dans l’immobilier. L’armée nous aide à effectuer ces reconversions professionnelles. » Un projet futur qui correspondrait au profil de Benoît : « Bouger, être sur le terrain, c’est important pour moi. Et puis je suis bavard aussi ! »

Prochaine étape de vie pour Benoît et Margaux un pacs et surtout le premier anniversaire de leur petite Théa.