Le 5 février, le champion d’escrime handisport Marc-André Cratère est venu partager sa passion, l’escrime, mais aussi son histoire personnelle. Un témoignage marquant pour les volontaires qui ont découvert son parcours, de la perte de l’usage de ses jambes à sa médaille olympique.
Marc-André Cratère coach les volontaires du centre EPIDE de Bourges-Osmoy le 5 février 2019.
C’est une rencontre qui a marqué les esprits. Le 5 février dernier, le médaillé d’argent d’escrime aux jeux paralympiques de Londres de 2012, Marc-André Cratère, a rendu visite aux volontaires et aux agents du centre EPIDE de Bourges-Osmoy.
Une intervention qui s’inscrit dans le cadre du parcours citoyen EPIDE et du partenariat établi entre le centre EPIDE et la Fondation SNCF. Celui-ci a pour but la mise en place d’interventions de sensibilisation sur les thèmes de l’usage des transports et les comportements citoyens. En effet, si Marc-André Cratère est un champion handisport, il est aussi agent commercial de la SNCF. Ce dernier est donc venu apporter son témoignage auprès des jeunes du centre EPIDE.
Mais l’objectif direct de cette intervention était de faire découvrir aux volontaires le parcours exceptionnel qu’a poursuivi cet athlète malgré son handicap, ainsi que les possibilités offertes par les entreprises afin d’allier une activité professionnelle à une pratique sportive de haut niveau.
De l’accident à l’acceptation de son handicap
Le champion paralympique est ainsi revenu sur les épreuves qu’il a dû affronter, dont la perte de l‘usage de ses jambes. Dealer dans son adolescence, il a ainsi expliqué aux jeunes avoir perdu l’usage de celles-ci après avoir reçu un coup de machette. Devant l’ensemble des volontaires et des agents du centre EPIDE, Marc-André Cratère a ainsi retracé l’ensemble de son parcours, depuis ce règlement de comptes, jusqu’à sa renaissance lorsqu’il a accepté son handicap.
« J’ai revu plusieurs fois celui qui m’a frappé. Je lui ai dit que je lui avais pardonné. Grâce à lui, j’ai eu une nouvelle naissance. J’ai dû réapprendre à vivre. Mais ma mère et moi sommes très fiers de la personne que je suis désormais devenue » explique Marc-André Cratère. « Si les médecins me proposaient un traitement pour remarcher, je refuserais. J’ai su accepter mon handicap et je vis maintenant pleinement tous les instants de ma vie ».
Leçon de vie et tolérance
Un témoignage marquant pour les volontaires, très attentifs pendant celui-ci. Les jeunes en ont aussi tiré des leçons de vie, comme Dylan : « Je sais maintenant qu’il ne faut jamais abandonner, que l’on peut toujours rebondir, et se relancer dans la vie, même lorsque l’on a perdu l’usage de ses jambes ! ». Pour Kévin, également volontaire, cette intervention a surtout développé son esprit de tolérance : « Ce n’est pas parce que l’on est en fauteuil roulant, que l’on est différent des autres » estime-t-il.
Une journée qui s’est finalement achevée par un atelier de découverte de l’escrime handisport. Pendant quelques minutes, tour à tour et sabre à la main, les volontaires ont pris place dans un fauteuil roulant, équipé de la tenue réglementaire. Coachés par Marc-André Cratère ils ont pu s’essayer à ce sport physique, mais aussi très tactique, avant, pour certains d’entre eux, d’affronter le champion paralympique.
Des jeunes, acteurs de leur avenir
