Des jeunes, acteurs de leur avenir

Avec l’UNICEM, les volontaires de l’EPIDE découvrent les métiers de la pierre

C’est une visite qui a marqué les jeunes. Le 26 mars, un groupe de dix volontaires du centre EPIDE de Montry (77) a visité la carrière Cemex Granulats à Marolles-sur-Seine. Une visite de trois heures pleine d’enseignements pour ces jeunes, parmi lesquels beaucoup ne savaient pas ce qu’était une carrière.

Au programme, une matinée complète de visite et de découverte des métiers de la pierre et du BTP aux côtés de René San Nicolas, responsable du développement et de l’organisation de la formation, Patrick Jue, chef de la carrière de Marolles, et Jacques de Moustier directeur foncier CEMEX.

Les jeunes ont ainsi écouté, avec attention, les explications portant sur les différents métiers du secteur, comme mécanicien d’engin de chantier, pilote de centrale à béton, etc. Les jeunes ont également eu un aperçu global d’une carrière, de l’extraction jusqu’au traitement, tout en se rendant compte de l’importance de la sécurité sur un tel site. Chacun a dû pour l’occasion s’équiper de chaussures de sécurité, baudrier, lunette, gant et casque.

Une visite intéressante pour les jeunes, impressionnés par ce qu’ils ont vu. Parmi ceux-ci Hassan : « J’ai appris comment étaient extraites les pierres de la carrière et leur transport par camion, bateau et même par train. Les métiers que j’ai découverts m’ont beaucoup intéressé, surtout celui de conduction de tractopelle ».

Un partenariat actif depuis trois ans

Cette visite intervient dans le cadre de la convention de partenariat nationale signée, en 2016, entre l'union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM) et l’EPIDE. Objectif, favoriser l’accès et le maintien en contrat d'apprentissage des jeunes.

Fédération regroupant la quasi-totalité des industries extractives de minéraux ainsi que les fabricants de divers matériaux de construction (bétons, mortiers, plâtre...), l'UNICEM gère directement plusieurs CFA qui proposent, par ailleurs, des solutions d'hébergement en internat de semaine. Une situation de vie proche de celle que connaissent les volontaires dans les centres EPIDE.

Grâce à cette convention, qui a fêté ses trois ans en mars, des journées spécifiques sont ainsi organisées fréquemment au sein de CFA ou de carrières, mais aussi lors d’informations collectives dans les centres EPIDE. En 2018, plus d’une dizaine d’entre elles se sont tenues dans plusieurs centres EPIDE, permettant à l’UNICEM de faire découvrir ses métiers à près de 150 volontaires.

Un secteur en attente de plus de 100.000 jeunes pour les 10 prochaines années

Le BTP occupe près d’1,5 million d'actifs dont 1,265 million de salariés, plus de 100.000 intérimaires (en équivalents temps plein) et 260.000 travailleurs indépendants. C’est un secteur qui recrute. Pourtant, une pénurie de main d’œuvre est à déplorer alors même que le taux de chômage est élevé sur le territoire.

Une politique active de formation s'est installée avec pour objectif d'intégrer 10.000 jeunes par an dans les filières de formation aux travaux publics. Des efforts sont remarqués et démontrent que les effectifs de jeunes en formation aux métiers des Travaux Publics (conduite d’engins, construction de routes, de canalisations et d’ouvrages d’art, BAC PRO TP et BTS TP) augmentent régulièrement. Toutefois, cela reste encore insuffisant pour répondre  aux besoins des entreprises.

Une situation qui touche particulièrement les entreprises adhérentes de l’UNICEM, comme l’explique Patrick Pittalis, secrétaire général de l’UNICEM. « Nous exerçons dans le domaine de l’industrie et avons les mêmes problématiques que les métiers de la métallurgie. La perception de nos métiers n’attire malheureusement pas aujourd’hui les candidats. Pour le grand public l’image de l’activité industrielle, c’est encore l’usine du 19e siècle. C’est une image complètement erronée ».

L’UNICEM mise sur l’apprentissage

Pour faire face à cette situation, l’UNICEM mise avant tout sur l’alternance, à tous les niveaux, du CAP à l’ingénieur. « Nous sommes gestionnaires de trois centres de formation d’apprentis. Nous misons beaucoup sur la formation, mais aussi sur l’accompagnement social et éducatif des plus jeunes et des moins qualifiés. Nous recrutons des personnes avec peu de qualifications. Il y a une vraie promotion sociale à travers la formation continue » vante Patrick Pittalis.

L’UNICEM tente ainsi de faire passer un message clair, « il y a des emplois chez nous » comme l’explique son secrétaire général. Et l’une des solutions pour attirer ces jeunes peu qualifiés, est de se rapprocher de dispositif, comme l’EPIDE. « L’EPIDE est un partenaire privilégié à deux titres : l’emploi est un véritable enjeu pour tous les jeunes qui y sont accueillis, car ils font une démarche volontaire pour construire leur avenir professionnel. Ils bénéficient enfin d’un cadre structurant, et font preuve d’une démarche courageuse » note Patrick Pittalis.

Une stratégie payante, puisque chaque année les contrats de professionnalisation et les contrats d'apprentissage se développent dans ce secteur et progressent par rapport à l'année précédente.