Des jeunes, acteurs de leur avenir

« Avec le confinement, je me suis remise en question. »

L’accompagnement individualisé et la poussée vers l’autonomie sont deux des singularités de l’offre de service de l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi. Une autonomie que les jeunes accueillis dans les centres ont découverte en situation réelle tout en continuant à bénéficier d’un accompagnement individualisé à distance.

À l’instar des volontaires des 19 centres de l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi, Amanda a vu son parcours au centre de Saint-Quentin (Aisne) interrompu. En recherche d’un accompagnement individualisé, la jeune femme s’est adaptée à une situation à laquelle elle n’était pas préparée.

Un besoin d’autonomie

Depuis ses 16 ans, Amanda connaît l’EPIDE. Encore mineure et contrainte par des soucis personnels, Amanda arrête le lycée à 17 ans. Trop jeune pour devenir volontaire à l’EPIDE, elle intègre alors le dispositif Garantie jeune.

« Je n’ai rien fait pendant un an, puis je me suis inscrite à la Garantie jeune avec l’aide de la Mission Locale. J’ai fait de nombreux stages, ce qui m’a permis d’identifier mon projet professionnel : le commerce et la vente. »

Fin janvier 2020, Amanda, tout juste âgée de 18 ans, rejoint le centre EPIDE de Saint-Quentin pour suivre un parcours d’insertion. Logée chez sa mère, et issue d’une fratrie de cinq enfants, elle peine à prendre de l’autonomie et à travailler son projet professionnel. D’un naturel anxieux, elle est en recherche du soutien de l’équipe encadrante de l’EPIDE pour l’aider à prendre confiance en elle. Et cela, à son grand étonnement, elle a su le faire seule.

Un parcours à distance bénéfique

Après seulement un mois et demi, Amanda est contrainte d’interrompre son parcours dans le centre EPIDE, et ce, pour une période indéterminée. Rapidement rassurée sur la poursuite de son parcours à distance, Amanda est tout de même inquiète face à cette nouvelle forme d’apprentissage.

« J’ai eu un peu de mal au début. C’était une totale nouveauté pour moi. Et puis, finalement, j’ai beaucoup aimé ce type d’enseignement. Cela a été difficile, mais j’ai réussi à garder le rythme de l’EPIDE. »

Des outils, tels que le Padlet mis à disposition par l’Education nationale ou simplement les mails ont permis à Amanda de poursuivre son parcours et aussi de garder contact avec les agents et les autres volontaires de sa section.

« Cela a été compliqué pour moi au niveau personnel. Je venais d’arriver au centre et ne m’étais pas encore intégrée au groupe. Finalement, j’ai découvert mes camarades avec le confinement. Un éloignement qui, bizarrement, nous a rapprochés. Quotidiennement, on faisait une visio « rassemblement » pour se dire bonjour. »

Elle a également poursuivi ses démarches d’insertion, notamment en prenant contact avec l’AFPA. En septembre, elle devrait débuter une formation d’employée commerciale en magasin.

Le retour à l’EPIDE, Amanda le souhaitait ardemment, et même si ce n’est qu’une semaine sur deux.  « Franchement, j’attendais avec impatience le retour à l’EPIDE. J’avais hâte de poursuivre mon projet. Et je voulais prendre du recul par rapport à ma famille. »

Preuve de sa nouvelle confiance en elle-même, de retour au centre, Amanda a participé à une cérémonie dédiée à l’appel du 18 juin en présence de la sous-préfète de l’arrondissement de Saint-Quentin et des volontaires et agents du centre. « Je suis intervenue pour la lecture d’un texte. J’ai été surprise car j’étais détendue. Une chose dont je ne me pensais pas capable », raconte Amanda avec enthousiasme.

« Amanda a démontré sa volonté d’avancer pour concrétiser ses projets. Elle a surmonté ses freins. Toute l’équipe est très fière du chemin qu’elle a parcouru. Cela donne du sens à nos métiers », conclut Aurore, conseillère Insertion professionnelle au centre EPIDE de Saint-Quentin (02).