A 18 ans, Nairoudine, volontaire au centre EPIDE de Langres, a souhaité représenter son centre et son parcours dans un clip vidéo. L’occasion pour le jeune homme de participer au concours national « Je filme ma formation ».
La chanson, une passion pour Nairoudine. A 18 ans, ce jeune originaire de Mayotte est volontaire au centre EPIDE de Langres. Ce quotidien, il a souhaité l’illustrer en musique à travers un clip vidéo pour le concours « Je filme ma formation ». Un concours auquel avait déjà participé l’EPIDE en 2017.
Nairoudine est auteur, chanteur, et compositeur : « Chanter, c’est une passion depuis que j’ai 11 ans. Je joue aussi du piano sur ordinateur. J’ai appris tout seul » confie-t-il. Pour réaliser ce clip, il a souhaité s’inspirer de sa vie, « de celle du centre EPIDE et de ce que le dispositif apporte aux jeunes » explique-t-il. Un clip pour lequel il a écrit les paroles et mobilisé les autres jeunes du centre : « Beaucoup de volontaires voulaient participer. C’était la première fois qu’ils apparaissaient dans un clip. Ils sont tous supers fiers de passer dans une vidéo et de représenter l’EPIDE » se félicite Nairoudine.
De Mayotte à Brest
Mais avant d’arriver à l’EPIDE, Nairoudine a dû quitter Mayotte, à plus de 7750 kilomètres de la métropole. « Je n’aimais pas l’école, je m’ennuyais. On faisait toujours la même chose. J’ai quand même passé à Mayotte un CAP entretien réparation d’embarcation de plaisance. Mais je ne trouvais pas d’emploi dans ce secteur. J’ai décidé de partir. » C’est en septembre 2016, à tout juste 17 ans, que le jeune homme atterrit dans l’Hexagone et découvre Brest. « Ma tante y habitait et j’avais pour idée de rentrer dans la Marine. Mais on m’a expliqué que j’étais encore trop jeune. »
Malgré cette déception, et orienté par la Mission locale, Nairoudine décide de suivre diverses formations de remise à niveau en français et mathématiques. « Malgré ces formations, je n’avais pas de but dans la vie. Rien n’avançait » se rappelle-t-il. « J’avais entendu parler de l’EPIDE quand j’étais encore à Mayotte. Je me suis renseigné, car je voulais y entrer. Mais je devais attendre d’avoir 18 ans pour m’inscrire. C’était une année très longue » avoue Nairoudine.
« Dans la vie, il faut avoir un repère, un objectif pour réaliser ses rêves. » Nairoudine, volontaire au centre EPIDE de Langres.
L’EPIDE pour rebondir
Pour rebondir et ne pas sombrer dans ce quotidien morose, Nairoudine décide de quitter Brest. « Je suis parti dans les Vosges, chez mon oncle. Il pouvait me conseiller sur la vie, comment m’y prendre. Il me soutient toujours. » Mais il n’oublie pas pour autant l’EPIDE, au contraire. « J’ai cherché le centre le plus proche de mon nouveau domicile, c’était le centre EPIDE de Langres ». Le 9 octobre 2017, Nairoudine a 18 ans. Il peut enfin intégrer l’EPIDE, à 18 ans.
Tout n’est pourtant pas facile à son arrivée dans le centre. « J’ai dû apprendre à vivre en collectivité, la cohésion de groupe. Avant, la vie en collectivité me gênait. Aujourd’hui ce n’est plus du tout le cas. J’ai changé, j’ai mûri grâce à l’EPIDE. Et la vie en collectivité m’y a aidé. »
« J’étais solitaire avant. L’EPIDE m’a ouvert aux autres. » Nairoudine, volontaire au centre EPIDE de Langres.
Le jeune homme, comme tous les volontaires définit ses projets professionnels avec son conseiller en insertion professionnelle. « J’ai parlé de mon CAP, mais je voulais découvrir autre chose que la mécanique. J’avais une idée depuis un moment, devenir agent de sécurité. » Un métier qu’il a découvert rapidement, pendant un court stage, à Brest. « C’est un métier qui me plaisait, qui me donnait envie de me lever le matin. Dans la vie, il faut se bouger » reconnaît Nairoudine.
« Avant je n’avais rien à faire. Cela ne servait à rien que je me lève. » Nairoudine, volontaire au centre EPIDE de Langres.
Le volontaire de 18 ans cherche maintenant un nouveau stage comme agent de sécurité, pour valider son projet professionnel. « Quand il y a du boulot, je me donne à fond. Quand j’ai un objectif, je suis motivé » affirme-t-il. Un objectif qu’il souhaite atteindre grâce à l’EPIDE. « Maintenant, je veux trouver un boulot, et faire ma vie, tout simplement. »
Des jeunes, acteurs de leur avenir

