Deux centres EPIDE ont abordé la question des addictions grâce à des pièces de théâtre. L’occasion de libérer la parole des volontaires sur ce sujet.
Les volontaires du centre EPIDE pendant la représentation
Aborder les addictions par le biais d’une pièce de théâtre. Une approche originale à laquelle se sont prêtés deux centres EPIDE, Bordeaux et Cambrai. Objectif, favoriser l’échange sur ces questions parfois difficiles à aborder avec les volontaires. Des addictions vécues notamment au sein de la cellule familiale, et qui peuvent engendrer des conséquences néfastes sur les relations entre les individus qui la composent, mais aussi des tensions, ou des conflits.
Des addictions qui ne concernant par ailleurs pas seulement les stupéfiants, mais aussi l’alcool, le tabac, les réseaux sociaux, les jeux vidéo ou encore… les écrans. Selon l’Autorité de régulation des communications (ARCEP), 93% des 12-17 ans étaient ainsi déjà équipés d’un téléphone portable en 2016.
« Un rôle à jouer sur la thématique des addictions »
Les volontaires du centre EPIDE de Bordeaux ont ainsi participé jeudi 22 novembre à une séance de théâtre-débat avec la compagnie Fenêtre Sûr. Cette association girondine, créée en 1997, assure des spectacles de prévention sur différents thèmes. Parmi ceux-ci, le VIH, les consommations d’alcool, la violence, l’alimentation, le mal-être, le burn-out, les addictions ou encore la radicalisation.
Le centre a choisi le spectacle-débat « Un rôle à jouer sur la thématique des addictions ». Une soixantaine de volontaires accompagnés par une douzaine d’agents de tous les services ont pu assister à cette représentation. Dans celle-ci, Maxime, le personnage principal, est entraîné dans un engrenage par Eulde, son petit diablotin. Au fur et à mesure du spectacle, les spectateurs suivent Maxime s’empêtrer dans ses consommations.
Point fort de la représentation, une fois celle-ci terminée, les comédiens ont ainsi pris le temps d’échanger avec les volontaires. Un moment privilégié pour aborder les différents produits dont il a été question durant le spectacle, la façon dont les dialogues et le scénario se sont construits, les interventions dans d’autres institutions comme les maisons d’arrêt ou les Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques, et surtout la violence qui émane du spectacle.
Une séance qui a particulièrement marqué les spectateurs, comme Carole Dupas, formatrice d’enseignement général au centre EPIDE de Bordeaux : « Quelle énergie ! Sur scène, les acteurs donnent tout ! Résultat, le public réagit, interagit et participe librement au spectacle ! C’est une expérience riche et unique de partage et d’échange. Le message sur les addictions est passé ! ». Et effectivement, ce message a touché les volontaires présents, comme Dylan : « Ça change d’aborder le problème des addictions par une pièce de théâtre. C’est très différent des réunions de prévention de la gendarmerie où l’on nous parle surtout des sanctions possibles ».
« Décroche ! »
A Cambrai cette fois, c’est le centre EPIDE qui a directement accueilli, le 6 décembre, la compagnie « Passage à l’acte » sur le théâtre forum « Décroche ! ». Ce spectacle interactif permet, par le biais du jeu théâtral, de faire émerger la parole et la réflexion autour d’un thème choisi. L’occasion pour le pôle médico-social du centre EPIDE de Cambrai d’aborder la question des addictions.
Durant cette pièce, quatre comédiens ont su capter l’attention des volontaires sur des sujets qui les concernent au quotidien. Et pour les impliquer d’avantage, la troupe a laissé la possibilité à plusieurs jeunes de devenir acteurs de la pièce. Un moyen efficace d’accrocher les volontaires sur ce sujet des addictions.
Une séance qui a permis de libérer la parole des jeunes, souvent touchés par ces addictions dans le milieu familial, comme Teddy : « Je me suis retrouvé dans une scène. Mon père est alcoolique, je veux faire le contraire de ce qu’il faisait avec moi à cause de l’alcool. Je fais tout pour m’en sortir. » Mohamed, aussi, a été très touché par ce spectacle : « Dans une scène, j’ai senti la souffrance et la solitude du comédien. Moi aussi, je suis passé par là, parce que mes parents s’en foutaient de moi ».
Grâce à cette pièce, les jeunes ont réussi à aborder des expériences de vie pourtant difficiles à partager. Pour d’autres, comme Steven, il s’agissait d’en apprendre plus sur les risques liés aux addictions : « Je ne savais pas que le cannabis pouvait avoir de telles conséquences sur le cerveau ! ». L’occasion aussi d’échanger avec une éducatrice spécialisée du CSAPA de Cambrai, le centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie, qui leur a offert un éclairage et des réponses adaptées à leurs questions.
Des jeunes, acteurs de leur avenir
