Des jeunes, acteurs de leur avenir

A Bordeaux, les volontaires sensibilisés aux fraudes dans les transports

Les volontaires du centre EPIDE de Bordeaux ont suivi le 7 mars une intervention de la SNCF sur les risques ferroviaires et les conséquences de la fraude. Une action menée dans le cadre de l’apprentissage de la gestion de son budget, mais aussi de la lutte contre l’endettement qui touche de nombreux jeunes.

26%. C’est la part de volontaires touchée par une situation d’endettement en 2016 selon l’étude sur le profil des volontaires de l’EPIDE. 10% de l’ensemble de ces jeunes déclare même que le montant de leur dette est supérieur à 900 euros, montant important au regard de leur faibles ressources. Une précarité économique qui peut souvent être aggravée par des amendes liées à la fraude dans les transports au commun.

C’est dans ce cadre qu’un agent de la SNCF du service de la sûreté ferroviaire a rencontré les volontaires du centre EPIDE de Bordeaux, le 7 mars dernier, pour les sensibiliser aux accidents ferroviaires et aux conséquences de la fraude dans les trains. Cette intervention d’une heure et demie, à l’initiative de la chargée d’accompagnement social du centre, Géraldine Bats, permet aussi d’évoquer la lutte contre les incivilités dans les transports en commun.

6 mois d’emprisonnement et jusqu’à 7500 euros d’amende

70% des volontaires du centre EPIDE de Bordeaux utilisent ainsi régulièrement le train, notamment pour se rendre depuis leur domicile au centre EPIDE chaque semaine. Si l’EPIDE leur fournit une allocation mensuelle de 210 euros, leur permettant notamment de financer leurs frais de transport, quelques-uns d’entre eux ont pris la fâcheuse habitude de ne pas acheter systématiquement un billet.

Or, monter dans un train sans billet peut avoir des conséquences importantes, comme leur a rappelé David Grenet, agent de la SNCF qui intervient fréquemment dans les établissements scolaires. Ce dernier les a ainsi informés qu’avec seulement six amendes dans une année, la SNCF peut porter plainte pour « délit de fraude d’habitudes » contre le fraudeur. Une peine qui peut aller jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende.

Une intervention utile

Avec pédagogie et grâce aux nombreuses vidéos en support, les volontaires du centre EPIDE de Bordeaux se sont également questionnés au cours de cette intervention sur les comportements à risques : électrocution, passage à niveau, non-paiement de billet, comportement perturbateur au sein d’un train, etc. L’occasion, aussi, d’échanger des bons plans pour acheter ses billets moins chers.

« Frauder ça coûte cher. Ça conduit à prendre des risques, et parfois risquer sa vie », un volontaire du centre EPIDE de Bordeaux, suite à l’intervention d’un agent de la SNCF.

Depuis cette intervention, plébiscitée par les volontaires, trois jeunes ont ainsi souhaité contacter la SNCF, avec Géraldine Bats, pour mettre en place un plan d’apurement de leur dette. Une solution qui leur permet de l’étaler sur une plus longue période, afin de la rembourser plus facilement.

La gestion de son budget, étape importante dans l’autonomisation

Pour compléter cette intervention, menée deux fois par an, Géraldine Bats met également en place, pour chaque nouvelle promotion de volontaires, la visite d’un dépôt de tramway de la société Keolis qui gère les transports dans la métropole de Bordeaux. L’occasion de sensibiliser les jeunes, une première fois, sur la fraude dans les transports.

Mais au-delà de la lutte contre les fraudes, ces interventions sont partie intégrante de l’apprentissage de la gestion de son budget par les volontaires des centres EPIDE. Une étape essentielle dans leur autonomisation et leur future insertion sociale et professionnelle. Ainsi, dès son arrivée à l’EPIDE, chaque volontaire bénéficie d’un bilan social. L’occasion d’identifier une éventuelle situation d’endettement et de chercher les solutions adaptées.